Trois cas d’école de management

Quand il est question d’innovation, on pense immédiatement au domaine technologique. D’ailleurs, le classement des entreprises innovantes se basent sur le nombre de brevets proposés. En revanche, très rares sont les patrons dont on entend parler d’innovation managériale. Hier, je suis allé à une conférence à Pau sur le management, où un des intervenants nous a fait part de trois cas de management unique très attrayants,, au point de vouloir revenir dessus aujourd’hui. Les employés de Morning Star, aux Etats-Unis, décident de leurs propres objectifs, en fonction de leurs idées respectives. Aucun chef ne vient leur annoncer ce qu’ils doivent faire. Ces conversations débouchent sur des contrats qui sontaccessibles à tous les équipiers. Cette pratique diffère de la traditionnelle fixation d’objectifs en ce que leurs auteurs sont les mêmes qui devront les réaliser. Au Brésil, chez Semco (quelques 3000 collaborateurs), les collaborateurs qui le désirent (à peu près 75 %) peuvent choisir eux-mêmes leurs salaires, de venir travailler quand ils le souhaitent, s’organiser comme ils l’entendent, à la seule condition de s’engager sur un résultat et de l’atteindre. En échange, ils doivent seulement respecter leurs promesses. Et ceux qui s’évertueraient à ne pas le faire doivent en répondre, non pas à leur hiérarchie mais à toute l’entreprise. En France, chez Orange, les collaborateurs sont invités à formuler en toute liberté leurs idées via un système d’innovation sociale : IdClic. Le processus permet à n’importe quel employé, quel que soit son statut, son ancienneté ou son métier, de déposer une idée sur une plateforme d’engagement. L’idée est ensuite étudiée par des experts volontaires (environ 5000). Si ces derniers y voient un potentiel, une étude de faisabilité est faite pour avoir une estimation nette des gains. Une fois mise en oeuvre, elle peut être, selon les bénéfices, généralisée dans tout le pays. Celui qui a proposé l’idée se voit attribuer des talents (monnaie virtuelle) qu’il peut utiliser dans un magasin dédié. Depuis 2007, 1/3 des collaborateurs ont déposé une idée (soit un total 122000 idées déposées). 10 % d’entre elles ont pu être mises en oeuvre générant ainsi de substantielles économies. Ce meeting s’est avéré non seulement intrigant, mais il montrait que comparé aux innovations technologiques, le management avance aujourd’hui au rythme d’un escargot.