Plouf, plouf, quelle crème solaire ?

A la plage, à la montagne comme au bord de la piscine, elle est l’un des incontournables de l’été. Et pourtant, au moment d’acheter sa crème solaire, le consommateur français est bien souvent, avouons-le, complètement largué. Ainsi, selon une récente étude des Laboratoires de Biarritz, publiée en mai 2017, si 97% des Français jugent que la protection solaire est un sujet important, 61% d’entre eux ne tiennent absolument pas compte des indications figurant sur l’étiquette (UVA, UVB, filtres, etc.) au moment de l’achat. L’écrasante majorité (9/10) ne connaît même pas la signification des mentions UVA et UVB. Heureusement pour eux, les grandes marques, elles, les maîtrisent sur le bout des doigts et améliorent année après année leurs formulations afin d’optimiser tant l’efficacité des filtres que la qualité des textures ou encore l’attrait des fragrances proposées. Le prix élevé de certains fabricants ne pouvant constituer d’ailleurs qu’un gage de cet investissement en recherche et développement. Mais voilà, la réalité semble tout autre, à en croire les résultats de la dernière étude comparative* de Que Choisir (numéro juillet/août 2017). Le magazine de l’association de consommateur UFC-Que Choisir a testé 21 crèmes solaires haute protection -indice FPS 30 (facteur de protection solaire)- commercialisées aussi bien en supermarché, parfumerie que pharmacie. Résultat, non seulement certaines marques ne protègent pas efficacement des UVA –les ultraviolets plus sournois car ils favorisent les coups de soleil, l’accélération du vieillissement cutané et les cancers à long terme– mais trois d’entre elles sont carrément défaillantes dans la protection UVB (qui provoquent, eux, coups de soleil et cancers)!  En queue de peloton, on retrouve des marques réputées, comme la crème solaire sécurité de Clarins, qui emporte la note de 5/20, le Soin solaire lait minéral corps Clinique (2,5/20), et la plus confidentielle Tropic silk hydratation de la marque Hawaiian (4,6/20). « C’est une surprise, car s’il est courant que certaines marques considèrent la protection UVA comme secondaire, pour les UVB, nous n’avons pas constaté ce type de manquements depuis des années, souligne Gaëlle Landry, rédacteur technique du test. Par exemple, pour la crème Clarins, l’indice UVB que nous avons constaté est de 19,7. Conclusion, ce produit devrait afficher une protection 15 et non 30. Pire, pour Clinique dont l’indice mesuré est de seulement 13, soit un écart de près de 57% avec celui revendiqué par la marque! » Une non-conformité qui passe d’autant plus mal que ces deux produits sont les plus chers de l’échantillon testé à respectivement 29,90 euros pour la crème Clarins et 26,95 euros pour celle de Clinique. Comment expliquer une telle négligence sur la promesse d’achat centrale de ces marques? « Nous ne nous l’expliquons pas. Contactés, les fabricants n’ont pas souhaité communiquer sur la question. Notre hypothèse est que ces produits ne doivent pas être contrôlés très régulièrement en interne », avance l’experte. Outre l’efficacité de ces crèmes haute protection, l’étude a également passé au crible leur composition. Là encore, les formulations laissent souvent à désirer. « Dans notre sélection, seules huit crèmes sont exemptes d’allergènes, la palme des mauvais élèves en la matière revenant encore une fois à la crème de Clarins qui en contient neuf! » D’autres contiennent par ailleurs des perturbateurs endocriniens. Des crèmes qui sont donc fortement déconseillées pour les femmes enceintes, enfants et adolescents. La majorité des protections solaires testées (13 sur 21) sont également particulièrement friandes du phénoxyethanol, un conservateur très employé dans la cosmétique traditionnelle présentant pourtant des risques de toxicité avéré, et fortement déconseillé pour les enfants. Même les meilleurs élèves du classement n’y coupent pas tels que la Brume solaire peau sensible de Mixa, classée « meilleur choix » de la sélection, la Brume sèche d’Ambre solaire et Paris Sublime sun cellular protect de L’Oréal. Enfin, quelques crèmes testées contiennent mêmes des nanoparticules, dont le risque de toxicité, s’il ne fait pas consensus au sein de la communauté scientifique, inquiète. Parmi les produits en contenant, on peut citer l’Eau thermale haute protection lait d’Avène et la Sun protect & hydrate de Nivea.