La nouvelle entreprise ne connaît pas la crise

S’il y a bien une chose que j’ai remarquée avec les années, c’est que le management n’évolue pas au même rythme que le reste du monde. La semaine dernière, j’ai participé à un séminaire à la ville sur le management.n orateur nous a fait part de quelques choix de management atypique qui m’ont sidéré,. Si vous êtes formé au management traditionnel, ces innovations risquent fort de vous rendre le sourire. En France, chez Mars Chocolat, Thierry Gaillard, PDG, a institué toutes les 6 semaines un débat d’une demi-heure, qui s’intitule « Ca se discute », où il répond aux questions de ses employés. Cette résolution est très fascinante quand l’on sait à quel point les salariés ont en général moins confiance en leurs présidents qu’en leurs chefs directs.
Chez HCL Technologies, une société indienne de services informatiques d’environ 80000 employés en Inde,, Vineet Nayar, son PDG, a mis sur pied un dispositif intitulé « Feed Forward ». Chacun peut y consigner, quand il le souhaite, un feed-back sur les compétences qu’il apprécie et celles qu’il suggère de raffermir chez un équipier avec qui il a collaboré, sans pour autant le faire dans une procédure officielle. Cette procédure, anonyme, est bien sûr bienveillante. L’idée est, après avoir formulé les aspects positifs, d’aider un équipier volontaire de bénéficier d’un vision extérieure sur ses axes de développement professionnel, et ce, hors du cadre du circuit classique des évaluations hiérarchiques. Chez Orange (seul opérateur qui n’a pas été percuté par le déploiement de Free – hasard ou coïncidence ?), les collaborateurs sont invités à formuler en toute liberté leurs idées à travers un système d’innovation sociale intitulé IdClic. Le processus permet à n’importe quel employé, quel que soit son statut, son ancienneté ou son métier, de déposer une idée sur une plateforme en ligne. L’idée est ensuite étudiée par des experts volontaires (environ 5000). Si elle n’est pas archivée, une étude de faisabilité est mise en place pour obtenir une évaluation des gains nets. Une fois mise en application, elle peut être par la suite étendue au niveau national. Le collaborateur se voit donner des talents (monnaie virtuelle) qu’il peut dépenser dans un magasin dédié. Depuis 2007, un tiers des salariés ont déposé plus de 122000 idées. 10 % ont au final été déployées générant ainsi de substantielles économies qui n’auraient pu être faites autrement.
Ce symposium à la ville montrait que le management traditionnel pouvait être remis en cause.