Icentive en L39

Oui, ça manque un peu de classe, mais cela arrive apparemment souvent. Il faut dire que les sensations sont, comment dire, corsées. Mais le mot ne retranscrit pas la violence inhérente à la chose. Si mon vol avait été un café, ç’aurait été un café noir qu’on aurait porté à 200 degrés, dans lequel on aurait plongé des piments avant d’ajouter un nuage de moutarde et un bouchon d’eau de Javel. Ce vol en avion de chasse a eu lieu à Reims. Bien avant d’y aller, je savais que j’allais en prendre pour mon grade. Mais je dois manquer d’imagination, parce que c’était bien pire. J’avais essayé de me renseigner avant, mais étonnamment, les retours sur ce sujet ne sont pas légion sur la toile. Le pilote m’a assuré qu’il avait embarqué des centaines de personnes depuis qu’il avait lancé son activité (c’est un ancien pilote de l’armée de l’air). Alors pourquoi un tel silence sur internet ? Les gens qui s’offrent de tel vol ne seraient-ils pas du genre à partager ? Eh bien non, pas du tout. Il aura en fait fallu que j’essaye moi-même pour comprendre. C’est tout simple, en réalité : il s’agit là d’un moment que les mots peinent à décrire. D’ailleurs, je me suis résolu à ne plus en parler autour de moi, en prenant conscience que raconter avec des mots rendait la chose plate, ne permettait absolument pas de traduire l’intensité de cet instant. Vous avez déjà fait le Space Mountain, à Disneyland ? Si tel est le cas, multipliez donc les sensations que vous avez éprouvé dedans par 10… et vous commencerez à saisir ce qu’on peut éprouver dans un avion de chasse. Multipliez aussi la durée par 5, car les acrobaties acrobaties aériennes de l’appareil ont duré dix minutes. Dix minutes lors desquelles j’ai l’impression d’être écrasé sous une tonne de briques à chaque break, chaque tonneau, chaque looping. Une expérience tellement violente qu’au final, j’ai dû faire bon usage du sac vomitoire fourni avant le vol. Là où ça devient vraiment curieux, c’est que si l’occasion se présentait de le refaire, je me lancerai tête la première. Parce que même si j’en suis sorti les jambes comme du coton, ce vol était plus stupéfiant que tout ce qu’il m’a été donné de faire dans mon existence ! Voici le lien vers ceux qui proposent ce vol en avion de chasse à Reims. Mais vous voilà prévenu : ça décape !