Dans les airs

Le week-end dernier, à Lille. Dehors, il fait encore nuit le silence est total. Nous nous rendons sur les lieux où nous attend l’équipe. Dans la froidure, nous surveillons notre aérostier faire les derniers préparatifs. Il se sert d’un ventilateur pour projeter de l’air froid dans une enveloppe de tissu, puis utilise un brûleur. Le ballon prend peu à peu forme. La nacelle de huit personnes nous tend les bras. Je commençais à croire que nous ne pourrions jamais faire ce vol. Un vol en montgolfière exige une météo idéale. Pas de pluie, un vent léger, pas de fortes chaleurs… C’est pourquoi notre vol a été annulé à deux reprises. C’est seulement quand toutes ces clauses sont réunies qu’un ballon peut s’envoler. Quand le ballon est finalement paré au décollage et nous grimpons les uns après les autres dans la nacelle. Nous sommes sept pour ce vol fabuleux. L’aérostier nous rappelle une dernière fois les règles de sécurité concernant l’atterrissage, puis nous décollons. L’envol se fait tellement sans à-coup. Si j’avais fermé les yeux, je ne l’aurais peut-être pas senti. Et pour mon plus grand bonheur, je découvre qu »il n’y aucune sensation de vertige. Face à tant de beauté, nous restons muets. En dehors du bruit du brûleur, un silence quasi religieux règne. J’ai rarement connu un silence aussi beau. Cette promenade au-dessus du monde me rend bizarrement zen. A bord, on a le sentiment que les problèmes appartiennent au passé. Ca fait un bien fou. Le temps passe sans que nous nous en rendions compte, et le moment est venu de trouver un coin pour atterrir. Notre aérostier nous redit de plier les genoux pour amortir une partie du choc, et nous atterrissons sans bobo. C’est l’heure de rentrer au bercail, mais la tête pleine d’images et le coeur apaisé. Si vous rêvez de prendre la voie des airs, voilà le site où j’ai trouvé mon vol de bapteme en montgolfière